La vie au Ludus

 

Le Ludus Magnus de Rome de nos jours.

Les gladiateurs vivaient dans le Ludus, ce qu'on peut de nos jours appeler "caserne". Dès lors qu'ils avaient été vendus à leur laniste ( propriétaire des lieux ) ou qu'ils avaient rejoint de leur plein gré l'école, ils n'avaient plus d'autre domicile, et leur habitat consistait en une cellule individuelle ( ou pas ) pour toute la durée de leur contrat.

Il est certain que les conditions de vie différaient d'un Ludus à l'autre, selon qu'il était plus ou moins populaire et que son laniste était fortuné ou non. Ainsi, il n'y a aucune commune mesure entre le Ludus Magnus de Rome ( situé au pied du Colisée ) et un Ludus de campagne, tenu par un laniste véreux. Néanmoins, le mode de fonctionnement y était plus ou moins le même :

L'entraînement :

 

La journée était destinée aux entraînements des gladiateurs. Ainsi, dès le matin, et jusqu'au soir, en évitant tout  de même les heures les plus chaudes de la journée aux alentour de midi, les combattants s'entraînaient dans la cour du Ludus, sous le regard inquisiteur du laniste, qui les observait afin de prévoir qui serait prêt pour combattre lors des prochains Jeux, et du doctor, leur entraîneur ( très souvent ancien gladiateur affranchi ).

A propos de l'entraînement des gladiateurs, il a été prouvé qu'il se rapprochait de celui des légionnaires romains. Végèce nous donne de précieuses précisions dans un de ses textes :

"On donnait aux nouveaux le bouclier rond d'osier, qui pesait le double de ceux dont on se servait à la guerre, et des bâtons deux fois plus lourds que les glaives dont ils tenaient lieu. Avec cela, on les faisait s'exercer le matin et l'après-midi contre le pieu. Cet exercice ne fut pas moins utile aux gladiateurs qu'aux soldats et les uns et les autres ne s'exercèrent jamais sur l'arène et sur le champ de bataille qu'après s'être ainsi exercé sur le pieu. [...] Chaque soldat plantait son pieu de façon qu'il tienne fortement, et qu'il ait six pieds hors de terre; et c'est contre ce pieu qu'armé du bouclier et du lourd bâton en guise d'armes véritables, il s'exerçait comme sil s'agissait d'un ennemi, tantôt lui portant son coup au visage ou à la tête, tantôt attaquant sur les flancs, et quelquefois se mettant en posture de lui couper les jarrets, avançant, reculant, tâtant le pieu avec toute la vigueur et l'adresse que les combats demandent. "

Les armes étaient donc en bois, afin de ne pas se blesser mais aussi parce que qu'aucun gladiateur n'avait accès à une arme véritable, à part lorsqu'il était dans l'arène. Ceci suite à de nombreux incidents dont un où l'on avait distribué les armes aux combattants juste avant qu'ils ne se rendent en chariot au Colisée, et où ils avaient tué leurs gardes, détourné le véhicule et tenté de prendre la fuite.

Thrace au palus.

L'entraînement au palus ( poteau ) était la base même du travail du gladiateur dans son école. Il se plaçait devant cet adversaire imaginaire, parfois déposait un casque à son sommet pour figurer les proportions du corps de l'ennemi, et s'entraînait à placer ses coups, à esquiver les attaques imaginaires, à se déplacer autour du poteau, et taillader, revenir en garde, taillader, reculer, et taillader encore.

Les auteurs anciens sont très prolixes en ce qui concerne l'entraînement des gladiateurs, pour aussi bien le connaître il devait sans doute être courant de venir y assister : 

 

" L'entraînement pour être maître de soi...N'est-ce pas l'art aussi qui protège le gladiateur, et la colère qui l'expose aux coups ? "

Sénèque, De la colère, I, 2, 4

" Voyez l'athlète ou même le gladiateur, jusque dans l'impétuosité de l'attaque ou les précautions de la défensive, dessiner tous ses mouvements suivant certaines règles de gymnastique. Toutes ses poses, si admirablement calculées pour les chances du combat, ne coûtent pourtant rien à la grâce. "

Cicéron, De l'orateur, I, 68

" Il faut enfin que l'orateur acquière, pour les pensées comme pour les paroles, cette perfection, à laquelle tendent les gladiateurs et les maîtres d'escrime; qui ne pensent pas seulement à porter des coups, ou à parer ceux qu'on leur porte, mais qui cherchent encore à mettre de la grâce dans leurs mouvements. Ainsi l'orateur doit donner au discours, au moyen des mots, la grâce et la régularité; au moyen des pensées, la force et la puissance. "

Cicéron, De l'orateur, I, 52

" L'athlète, le chasseur, le cocher, qui se donnent en spectacle dans le cirque, ne cessent, pour un vil intérêt ou pour gagner la faveur de la populace, de s'exercer tous les jours, afin de se perfectionner dans leur métier. Avec combien plus d'application le soldat, dont la profession est de défendre l'Etat, doit-il l'étudier, et s'y entretenir par une répétition continuelle des exercices ! "

Végèce, De l'art militaire, II, 24

 

Fantasme permanent et cliché par excellence, cette idée fixe du gladiateur comme un Schwarzenegger de l'Antiquité a encore du mal à quitter les esprits. Gros muscles ne rime pas avec bon combattant, au contraire même : de gros muscles permettent un effort intense sur une très courte durée, mais pas de tenue sur la distance ; l'endurance d'un combat est un supplice pour qui a de trop gros biceps.

La meilleure constitution est probablement celle décrite par Pline dans ce chapitre :

 

Corpore vesco, sed eximiis viribus Tritanum, in gladiatorio ludo Samnitium armatura celebrem, filiumque eius militem Magni Pompei et rectos et traversos cancellatim toto corpore habuisse nervos, in brachiis etiam manibusque, auctor est Varro prodigiosa virium relatione atque etiam hostem ab eo ex provocatione dimicante inermi uno digito superatum et postremo correptum in castra tralatum.

" Tritannus, d'un corps maigre, célèbre parmi les gladiateurs qui portaient l'armure des Samnites, avait une force extraordinaire, et, ainsi que son fils, soldat du grand Pompée, il avait les nerfs disposés comme un grillage, en long et en travers, dans tout le corps, même aux bras et aux mains ; c'est du moins ce que rapporte Varron, citant des exemples de force prodigieuse. Il dit même que le fils, combattant contre un ennemi qui l'avait provoqué, le vainquit sans armes, avec un seul doigt, et qu'enfin il le saisit et l'emporta dans le camp."

Pline, Histoire naturelle, VII, 19.

 

La nourriture :

Concernant la nourriture des gladiateurs, là encore, de nombreux clichés font une fois de plus leur oeuvre.. on parle souvent de nourriture type gruau, sorte de bouillie de céréales sans goût ni saveur, peu chère et tenant au corps.. ou alors, l'excès inverse, de repas constitués exclusivement constitués de viandes rouges et de vin comme boisson.. Toutes ces hypothèses sont d'un autre temps et les récentes découvertes scientifiques à ce sujet ne laissent plus planer de doute : les gladiateurs avaient une nourriture équilibrée, comprenant légumes, céréales, viandes, mais également substituts vitaminés. En bref : un régime d'athlètes, ce qui semble logique pour des hommes qui s'entraînaient chaque jour intensément.


Vous pourrez voir le passage concernant ces conclusions ( obtenues à partir d'analyses des stries sur la dentition des gladiateurs exhumés ) sur cette vidéo, extrait de l'émission Les Gladiateurs, toute l'histoire, partie 3.

 

 

Le personnel du Ludus :

Si un combattant avait un souci avec son équipement ( un casque mal ajusté, une manica trop petite, une ocrea aux fixations défectueuses.. ) il pouvait aller voir le manicherius, responsable du matériel du camp. Celui-ci effectuait les réparations adéquates.


A leur disposition étaient également des masseurs ( unctor ), des médecins ( medecini ), dont le fameux Galien, qui commença sa carrière de chirurgien dans les Ludus, des esclaves... au sujet des masseurs, il s'agissait non seulement de " simples " masseurs ayant pour but de détendre les muscles après l'entraînement, mais aussi de vrais " kinésithérapeutes antiques ", pratiquant les massages d'après points de pression et ayant de bonnes connaissances en anatomie, en vue cette fois de soigner un traumatisme, de dénouer les tensions...

Le "masseur-médecin ", ou iatraliptes : adepte de l'iatraliptique, science fondée au Ve s. av. JC par Hérodicos de Sélymbrie, un maître d'Hippocrate, spécialiste de la gymnastique médicale . Celse le place au même rang que le médecin.... Au Ier s. ap. JC, cette spécialité ancienne se constitue comme une branche autonome de la médecine. Utilisant la rééducation fonctionnelle, elle remporte un grand succès dans les gymnases et dans les écoles d'athlètes et de gladiateurs, comme une médecine sportive destinée à guérir les entorses et les fractures (en quoi elle empiète sur des domaines occupés jusqu'ici par les médecins) : pour comparaison, les équipes sportives disposent de nos jours de kinésithérapeutes à côté des masseurs. 

Extrait de l'excellent site de Laurent Galopin sur la médecine antique, voir le site.

La détente :

 

 

 

 

 

 

 

 

Après les combats, en soirée, c'était la détente pour les combattants. Bains, huiles, massages, lavements. Les muscles se détendaient, les esprits se reposaient. Sur la statue de gauche, on voit un homme qui a du mettre de l'huile sur son corps, et passe  présent la strigile ( sorte de lame courbe ) afin d'enlever toute saleté restante.

Avec leur solde, les combattants pouvaient espérer pouvoir se payer une prostituée histoire de passer le temps. Elle leur était livrée dans leur cellule. Ils jouaient également entre eux, aux dés ou à l'ancêtre de notre jeu de dames.

 


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Commentaires (4)

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É ta meme pa di leur condition de vi

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